Contexte
Les territoires sont des espaces où s’incarnent, se vivent, se discutent les bouleversements du monde, où se déploient de nouvelles réponses face aux enjeux globaux, où s’inventent également de nouvelles manières de conduire l’action collective dans des environnements de plus en plus incertains et complexes.
Les trajectoires de menaces ou de crises –au premier rang desquelles figure le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité– et les transformations profondes de nos sociétés – développement des technologies numériques, place des savoirs scientifiques, place de l’altérité pour ne citer que quelques exemples – impactent toutes les échelles territoriales bien qu’elles ne s’y expriment pas de la même manière et véhiculent des enjeux propres aux sociétés locales. Dans les territoires, ces phénomènes ont des réalités concrètes qui affectent de manière croisée les différents champs socio-économiques, qu’ils soient agricoles, alimentaires, forestiers, touristiques, ou encore environnementaux. Les acteurs territoriaux sont donc amenés à repenser les politiques et projets de manière transversale et collective. Assurer la cohésion et l’intégrité des systèmes socio-écologiques territoriaux
nécessite ainsi d’accompagner la réinvention de stratégies ou de nouvelles pratiques, ce qui implique d’avoir une approche intégrée, attentive à l’expression plurielle des enjeux, des contraintes et des ressources de chacun.
Objectif
La DA vise à former des professionnels en mesure de se confronter à différentes manières de penser et d’accompagner l’action dans les territoires. En réponse à des enjeux qui élargissent les situations de travail, ils seront en capacité de construire une démarche d’action intégrant la complexité et l’incertitude, en association avec les acteurs en présence, de manière dynamique, itérative et démocratique. La formation vise aussi à cultiver un positionnement éthique personnel, à l’écoute, tout en sachant mobiliser des méthodes éprouvées.
En se fondant sur la culture de la complexité du vivant des ingénieurs, la formation propose de compléter les compétences scientifiques et techniques par trois grandes compétences essentielles pour agir dans les territoires :
- La capacité à réaliser une analyse territoriale intégrant la complexité des processus de changements (techniques, écologiques, sociaux…).
- La capacité à contribuer à l’innovation territoriale, permettant d’imaginer collectivement de nouvelles manières de répondre à des problèmes complexes et développer des leviers d’action communs.
- La capacité à mobiliser le raisonnement, les outils et méthodes de la recherche-action, à hybrider les sciences du vivant et les sciences humaines et sociales.
contenu
Bloc 1 - «Se situer dans les dynamiques territoriales»
UE1 : Les territoires, un monde en soi (60h – 4 ECTS) ; UE2 : Dynamiques historiques et épistémologies des territoires (54h – 4 ECTS)
Bloc 2 : « Comprendre et analyser le changementdans les territoires »
UE3 : Analyser le changement dans les territoires (72h–5 ECTS) ; UE4 : Penser et mettre en œuvre l’outillage de l’action (dont 1 option sur 2) (56h–4 ECTS) ; UE5 : Composer l’action dans les territoires (28h – 3 ECTS)
Bloc 3 : « Hybrider l’action dans les territoires »
UE6 : Terrarium (70h 5 ECTS) ; UE7 : Hybrider et créer (2 options sur 3) (48h – 3 ECTS) ; UE 8 : Langue (anglais) (30h – 2 ECTS)
Enseignements optionnels : UE4 : 1 enseignement optionnel sur 2 à choisir ; UE 7 : 2 enseignements optionnels sur 3 à choisir
Stage : Période de stage de six mois dans un organisme privé ou public et sur un sujet relevant du domaine de la DA (30 ECTS)
mots clés
Territoires, territorialisation, déterritorialisation Politiques territoriales, action collective Innovation territoriale Economie territoriale, nouveaux modèles économiques Coopération, hybridation, intégration, réflexiviténiveau requis
- Étudiants en poursuite d’études,
- Salariés,
- Demandeurs d’emplois.
Diplôme de niveau bac+5 en sciences du vivant (ingénieur habilité par la Commission des Titres d’Ingénieur (liste CTI), master 2).
Diplôme étranger équivalent aux diplômes français exigés ci-dessus.
admission
La sélection des candidats est effectuée sur dossier et entretien.
Tous les candidats seront inscrits administrativement sous le statut de la formation continue.
compétences acquises
Compétences visées :
- Développer un raisonnement systémique pour appréhender les problématiques des territoires face aux enjeux actuels ;
- Croiser les formes d’intelligences et d’expertises pour apporter des réponses adaptées aux socio-écosystèmes territoriaux ;
- Savoir rédiger un questionnement territorial mobilisant des problématiques de recherche, en vue d’une définition d’un cahier des charges de stratégie et de projet territorial ;
- Savoir identifier et appliquer les outils de l’action pour une ingénierie territoriale renouvelée ;
- Savoir accompagner le développement de stratégies territoriales à différentes échelles ;
- Développer des compétences ancrées dans l’agir, la coaction, la coopération, l’expérimentation sur le terrain
métiers
Liste des métiers visés indiquant les orientations préférentielles pour les ingénieurs AgroParisTech :
- Pilotage de dispositifs de politiques publiques sectorielles ou transversales : chargé de missions PAT, chargé de mission PCAET, chargé de mission mobilité, chargé de mission attractivité des territoires, chargé de mission développement durable et transitions ;
- Conduite de projet public ou privé à dimension territoriale : chargé de mission stratégie de relocalisation et ancrage des filières, chargé de mission responsabilité sociale et territoriale en entreprise, chef de projet territorial énergies renouvelables, responsable RSE, etc.
- Métiers de l’accompagnement et du conseil dans le champ des stratégies territoriales : participation, concertation, projet de collectivité ou d'entreprise en faveur des transitions territoriales ;
- Métiers de la recherche.
atouts
La formation s’appuie sur des cas d’études centrés sur des territoires agricoles, périurbains, métropolitains, industriels ou touristiques, où se jouent des dynamiques socio-économiques actuelles (mise en tourisme, métropolisation, équipement et industrialisation…). A cet égard, trois dispositifs en particulier visent à mettre à l’épreuve les cadres d’analyse et les régimes d’innovation étudiés dans la formation. A travers des situations appliquées, ils doivent permettre d’élaborer et de tester les outils de l’ingénierie territoriale.
Le territoire atelier :
La formation construit des partenariats privilégiés avec plusieurs acteurs locaux, publics et privés et dans différents territoires (agence d’urbanisme, coopérative agricole). Ces territoires ateliers sont des espaces de collaboration sur l’année universitaire. Les étudiants répondront à une commande concrète qui sera le fil rouge de l’année et permettra de mettre en œuvre et d’approfondir en situation réelle les enseignements du semestre, avec une approche réflexive avec les acteurs du territoire et l’équipe pédagogique. Les étudiants seront amenés à réaliser une enquête approfondie et à restituer
leurs résultats publiquement auprès des acteurs du territoire concerné.
Le terrarium :
Le terrarium est un espace de co-apprentissage entre étudiants, fondé sur le travail collectif en autonomie. Il constitue un lieu d’incubation d’une réflexion portée en autonomie par les étudiants qui sera mise à l’épreuve du terrain et des acteurs (élus, acteurs institutionnels, privés, citoyens…). Dans une visée prospective, les étudiants doivent identifier une problématique territoriale émergente et en fournir un éclairage situé scientifiquement, techniquement et socialement pour les territoires. Un espace physique dédié sera mis à disposition et construit avec les étudiants.
L’hybridation (UE optionnelles)
L’hybridation constitue une posture professionnelle qui sera accompagnée pédagogiquement par les enseignantschercheurs et les professionnels associés à la formation. Elle se situe dans une exigence de développer de l’agilité méthodologique mais aussi de l’adaptabilité dans les savoir-être à adopter en situation complexe. Trois UE optionnelles, construites avec des partenaires académiques locaux (cf. infra), doivent permettre aux étudiants d’explorer cette pratique de l’hybridation par d’autres approches méthodologiques et disciplinaires en matière d’outils, de savoirs, de pratiques…et de les confronter à leur propre corpus de compétences d’ingénieur afin de gagner en capacité d’analyse et de traitement des problèmes (jeux sérieux, module interdisciplinaire, initiation aux approches sensibles et artistiques). Ces approches seront amenées à évoluer ou à augmenter en fonction des besoins ou des enjeux, en
fonction aussi des profils professionnels que pourront développer les étudiants au cours de la formation.
débouchés
Débouchés :
- Collectivités territoriales, administration d’Etat (+++)
- Etablissements publics (agences, chambres consulaires, PETR, PNR…) (+++)
- Entreprises, fondations territoriales, coopératives (secteur agricole, ESS…) (++)
- Bureaux d’études, cabinets de conseil (++)
- Associations (+)
- Recherche et enseignement supérieur (+)