Descriptif
Les territoires sont des espaces où s’incarnent, se vivent, se discutent les bouleversements du monde, où se déploient de nouvelles réponses face aux enjeux globaux, où s’inventent également de nouvelles manières de conduire l’action collective dans des environnements de plus en plus incertains et complexes. Les trajectoires de menaces ou de crises – au premier rang desquelles figure le dérèglement climatique et l’effondrement de la biodiversité – et les transformations profondes de nos sociétés – développement des technologies numériques, place des savoirs scientifiques, place de l’altérité pour ne citer que quelques exemples – impactent toutes les échelles territoriales bien qu’elles ne s’y expriment pas de la même manière et véhiculent des enjeux propres aux sociétés locales. Dans les territoires, ces phénomènes ont des réalités concrètes qui affectent de manière croisée les différents champs socio-économiques, qu’ils soient agricoles, alimentaires, forestiers, touristiques, ou encore environnementaux. Les acteurs territoriaux sont donc amenés à repenser les politiques et projets de manière transversale et collective. Assurer la cohésion et l’intégrité des systèmes socio-écologiques territoriaux nécessite ainsi d’accompagner la réinvention de stratégies ou de nouvelles pratiques, ce qui implique d’avoir une approche intégrée, attentive à l’expression plurielle des enjeux, des contraintes et des ressources de chacun
Les dynamiques territoriales constituent une voie de changement crédible pour les ingénieurs qui ne soit ni strictement sectorielle ni strictement localiste. Il s’agit ici de considérer le territoire comme un espace qui peut potentiellement (ré)générer des relations entre groupes, permettre de nouer des compromis entre différents intérêts ou attentes, et de voir se (re)déployer de nouveaux modes d’action collective engageants. La DA se place dans une perspective constructive, dynamique, qui accorde de l’importance aux phénomènes de territorialisation, déterritorialisation et reterritorialisation, afin de mieux comprendre, analyser et accompagner les processus de changement portés par les acteurs publics et privés.
Quels que soient leurs domaines et leur niveau d’action, les ingénieurs ont de plus en plus besoin de mieux identifier, connaitre, faciliter, instituer, préserver, en somme contribuer à ces dynamiques territoriales. C’est l’objet de cette DA que de former à ces dispositions, au travers d’un processus d’apprentissage et d’une pédagogie adaptés combinant travaux individuels et collectifs, centrés sur la mobilisation d’expertises scientifiques et pratiques plurielles, mais aussi de différentes formes d’intelligences (rationnelles, réflexives, créatives, stratégiques…). L’accent est mis sur les projets collectifs centrés sur des enquêtes et travaux de terrain, répondant à des problématiques territoriales actuelles, en interaction directe avec le monde professionnel.
Objectifs
La DA vise ainsi à former des ingénieurs en mesure de se confronter à différentes manières de penser et d’accompagner l’action dans les territoires. En réponse à des enjeux qui élargissent les situations de travail, ils sont en capacité de construire une démarche d’action intégrant la complexité et l’incertitude, en association avec les acteurs en présence, de manière dynamique, itérative et démocratique. Ils cultivent ainsi un positionnement éthique personnel, à l’écoute, tout en sachant mobiliser des méthodes éprouvées.
En se fondant sur la culture de la complexité du vivant des ingénieurs, la formation vise ainsi à compléter leurs compétences scientifiques et techniques par trois grandes compétences essentielles pour agir dans les territoires :
- La capacité à réaliser une analyse territoriale intégrant la complexité des processus de changements (techniques, écologiques, sociaux…).
- La capacité à contribuer à l’innovation territoriale, permettant d’imaginer collectivement de nouvelles manières de répondre à des problèmes complexes et développer des leviers d’action communs.
- La capacité à mobiliser le raisonnement, les outils et méthodes de la recherche-action, à hybrider les sciences du vivant et les SHS.
A l’issue de la formation, les étudiants sont préparés à une approche par problématisation de situations territoriales variées et à adopter des postures de réflexivité, de coopération et d’expérimentations contribuant de manière significative à l’amélioration des processus de projets dans les territoires.
La formation s’attache donc à tenir deux grands axes dans la professionnalisation des étudiants : le premier axe vise l’acquisition de compétences socio-techniques qui entrent dans les modes d’action actuels des métiers territoriaux. Il s’agit ici d’exposer les étudiants aux différents outils de l’ingénierie territoriale dans une perspective innovante (gestion de projet, animation, participation, design de politiques publiques, recherche partenariale) afin de les amener à apprendre à construire leur propre corpus instrumental, ce qui s’avère de plus en plus indispensable dans un monde en évolution. Le second axe cherche à doter les étudiants d’une dimension culturelle et sociale leur permettant d’acquérir un socle solide de connaissances et de raisonnement pour construire par eux-mêmes, et avec d’autres acteurs, les cadres et l’intention de l’action.
Effectifs minimal / maximal
8/15
Diplômes concernés
Domaine disciplines/enjeux/objets
Sciences humaines et sociales, Economie, Sciences de gestion.Compétences
- Capacité à réaliser une analyse territoriale intégrant la complexité technique et sociale
- Capacité à contribuer à l’innovation territoriale, entendue comme la capacité à apporter collectivement de nouvelles réponses à des besoins identifiés sur un territoire et identifier les leviers d’une action commune
- Capacité à mobiliser les outils et méthodes de la recherche-action et hybrider les sciences du vivant et les SHS
Mots-clés
Territoires, territorialisation, déterritorialisation, Politiques territoriales, action collective Innovation territoriale, Economie territoriale, nouveaux modèles économiques, Coopération, hybridation, intégration, réflexivitéPré-requis
- Accès à tous les étudiants d’AgroParisTech - Accès sur sélection aux étudiants d’autres écoles en fonction des places disponibles - Accès sur sélection au Certificat de spécialitéModalités d'acquisition
60 ECTS
Enseignement académique : 30 ECTS / Stage : 30 ECTS